Logiciel MES : Quels sont les principaux critères de choix ?
La solution MES vue par ses utilisateurs
Dans cette série, nous recueillons différents témoignages d’industriels ou d’intégrateurs. Le thème ? « Quel est selon vous le principal critère qui intervient dans le choix d’une solution MES ? »
Le but de ces interviews, vous l’aurez compris, est d’aider les industriels qui hésitent, s’interrogent, qui n’ont pas encore opté pour un logiciel MES, en leur préconisant certaines pistes.
Nous sommes certains que ces retours d’expériences utilisateurs ou intégrateurs de solutions MES vous apporteront un éclairage pertinent sur le sujet et vous aideront à faire le bon choix dans la concrétisation de votre projet.
Témoignage de cyril guérard – OET Automation
Pour cette 1ère interview, nous avons recueilli le témoignage de Cyril Guérard, chargé d’affaires au sein d’OET Automation depuis plus de 15 ans. En charge du développement de l’activité aéronautique et de la diversification dans le secteur manufacturier, Cyril Guérard pilote également des projets clé en main intégrant :
- Les études électriques et/ou pneumatiques
- Les études automatismes et informatiques
- La réalisation d’armoires
- Le chantier
- La robotique
- La mise en service et les assistances sur site client
« Selon vous, quel est le principal critère à prendre en compte dans le choix d’une solution MES ? »
Je suis convaincu qu’il est essentiel que la solution soit standard et paramétrable mais qu’elle puisse permettre des extensions, de la personnalisation.
« En quoi ce critère est essentiel pour vous ? »
La performance économique est un enjeu important en entreprise et le MES n’échappe pas à la règle.
Pour moi, une solution standard sera toujours, économiquement parlant, plus intéressante qu’une solution entièrement personnalisable avec des développements spécifiques qui peuvent s’accumuler et forcément coûter cher. Néanmoins, l’outil doit pouvoir s’adapter au client et répondre à ses attentes.
Avec un logiciel standard et ouvert, de nombreuses fonctionnalités sont déjà présentes mais on peut ajouter « le petit plus » au client avec un peu de personnalisation. Pouvoir ajouter des extensions pour moi est primordial.
L’aspect modélisation est également essentiel lors des déploiements sur plusieurs équipements, plusieurs productions, plusieurs usines.
Cela permet d’intégrer ces personnalisations au modèle et de déployer de manière robuste, uniforme et surtout rapide.
« Dans votre expérience de mise en place de solutions MES, comment avez-vous pu vérifier ce critère ? »
Par exemple, récemment, on a répondu à un appel d’offres pour un client qui souhaitait une offre MES packagée mais qui souhaitait aussi des courbes, des filtres, des indicateurs spécifiques à son activité. L’offre standard répondait à quasiment l’ensemble de ses besoins mais on a fait un peu de personnalisation pour répondre exactement à ses attentes.
« Qu’est-ce que ce critère apporte concrètement à l’industriel ? »
Cela lui permet d’avoir une solution standard complètement adaptée à son process et à son usine. Et l’aspect core-model lui permet de bénéficier instantanément de ces personnalisations sur ses équipements présents ou futurs qu’il aurait à déployer.
Témoignage de BARBARA BRU – EQUANS DIGITAL
Pour cette seconde interview de notre série sur les principaux critères de choix d’un logiciel MES, nous recueillons le témoignage de Barbara BRU, Directrice de marché MES au sein d’ EQUANS Digital.
Véritable spécialiste du MES depuis près de 25 ans, Barbara BRU apporte aujourd’hui au sein d’EQUANS son expertise et ses multiples compétences :
- Appui technique avant-vente
- Consulting, conseil dans l’accompagnement des projets MES
- Gestion de projets
- Référent technique MES et normes ISA 88 – S95
- Gestion du planning et des tâches
- Support technico-fonctionnel aux équipes
« Selon vous, quel est le principal critère à prendre en compte dans le choix d’une solution MES ? »
Le MES est le noyau central de l’outil de production. C’est vraiment le chef d’orchestre. De ce fait, le MES doit être évolutif et s’adapter aux besoins de la production.
« En quoi ce critère est essentiel pour vous ? »
Un indicateur qualité comme te Taux de Performance est un indicateur pertinent à un instant mais ne le sera plus d’ici quelques années. Les indicateurs doivent s’adapter à la problématique et à la performance du terrain.
Le MES donc, doit s’adapter aux besoins de la performance.
Autre exemple : les gammes de production. Elles changent, en fonction des besoins et des demandes des clients.
Les recettes, dans le secteur agroalimentaire ne sont pas les mêmes que celles d’il y a 5 ans : on va utiliser moins de graisse, moins de sucre et les variétés de gamme sont beaucoup plus importantes. Donc, là aussi, le MES doit évoluer en fonction de la production.
Autre point : régulièrement, de nouvelles normes de traçabilité ou de qualité voient le jour et le système MES doit être évolutif pour intégrer ces nouveaux éléments (type « contrôle qualité ») de manière très simple.
« Dans votre expérience de mise en place de solutions MES, comment avez-vous pu vérifier ce critère ? »
Contrairement à l’engouement que nous avons pu constater dans les années 2000 pour l’intégration d’applications MES avec un grand nombre des 11 fonctionnalités, actuellement beaucoup de nos clients dans un premier temps, souhaitent mettre en place une solution sur un périmètre fonctionnel restreint.
Dernièrement, un projet dans le secteur agroalimentaire s’est découpé en 2 phases. Le client souhaitait dans une 1ère phrase avoir tout ce qui concerne la traçabilité de son process et la gestion du contrôle de la qualité avec une mise en service très rapide de son application. Et dans un deuxième temps, d’ici un à deux ans, il souhaite bénéficier de tout ce qu’il concerne les indicateurs de performance (Type KPI).
On voit bien qu’aujourd’hui les clients sont plus pragmatiques et souhaitent la mise en place d’un projet MES avec les fonctions essentielles pour leur process. Mais ils souhaitent également une application évolutive, simplement, avec l’ajout de nouvelles fonctionnalités.
« Qu’est-ce que ce critère apporte concrètement à l’industriel ? »
L’enjeu premier des industriels est d’avoir un système flexible qui s’adapte au marché des consommateurs. Il suffit de regarder un peu autour de nous dans les rues : le nombre de gammes de véhicules d’une même marque est beaucoup plus important aujourd’hui, le nombre d’options des voitures est également considérable. Dans nos supermarchés, le nombre de variétés différentes de chips, de pâtes alimentaires a complètement explosé. Les consommateurs sont plus exigeants et veulent de la nouveauté. Par exemple dans les pâtes alimentaires, on veut : des pâtes à base de blé complet, des pâtes à base de farine de légumineuses (type pois chiches, lentilles…). Donc l’industriel doit s’adapter rapidement aux besoins du consommateur, à la concurrence et à la productivité pour rester ou devenir leader dans son marché.
L’évolutivité de leur système d’exécution du process est donc quelque chose d’impératif.
Autres précisions ?
La plupart des logiciels MES sont actuellement modulaires. Mais tous, ne s’appuient pas sur une plateforme unique. Il est donc important de pouvoir faire évoluer son application MES en activant des modules mais aussi en intégrant des nouvelles fonctionnalités en fonction de l’évolutivité de vos besoins.
Témoignage de LUC BALANDREAU – groupe spc
Retrouvez ici le 3ème volet de notre saga : « Logiciel MES, quels sont les principaux critères de choix ? »
Luc BALANDREAU, consultant sénior – système d’information de production – spécialiste MES – du groupe SPC témoigne.
Plus de 22 années d’expérience acquises au sein du groupe lui apportent aujourd’hui une expertise pointue dans le pilotage et la gestion des projets MES et particulièrement sur la phase de standardisation des Master Batch Recipes (MBR) qui permet de définir les objets génériques afin de diminuer les coûts de mise en œuvre puis d’évolution des projets MES.
Hormis les critères habituels que sont l’adéquation fonctionnelle, l’architecture et les coûts, Luc Balandreau souhaite aujourd’hui mettre l’accent sur un autre critère important, tout aussi intéressant que les ceux précédemment cités.
« Selon vous, quel est le principal critère à prendre en compte dans le choix d’une solution MES ? »
Il y a bien sûr les critères habituels dont, dans un premier temps, l’adéquation fonctionnelle, l’architecture et les coûts mais aujourd’hui nous allons insisté sur un autre critère important : la généricité ou plutôt la capacité de l’outil MES à prendre en compte les objets génériques.
« En quoi ce critère est essentiel pour vous ? »
Le MES doit aider à capitaliser sur les efforts de simplification et d’optimisation des différents processus : notamment bien sûr ceux décrivant les activités de production (fabrication, conditionnement) mais aussi ceux supportant la gestion des données et en particulier les interfaces avec les autres systèmes ou les équipements de production ou de contrôle. Ils contribuent aussi via l’analyse des processus à diminuer le recours à des fonctions spécifiques et donc à privilégier des fonctions standard du MES. Pour cela il est nécessaire de s’appuyer sur des objets génériques.
« Dans votre expérience de mise en place de solutions MES, comment avez-vous pu vérifier ce critère ? »
On le constate essentiellement avec l’écart de budget de mise en œuvre et de paramétrage du MES entre une spécification réalisée sans optimisation en amont et celle effectuée sur un périmètre standardisé et générisé auparavant avec les différentes équipes métier.
L’exemple classique concerne les processus de fabrication de type « recettes » que l’on trouve dans l’industrie agroalimentaire, cosmétique ou pharmaceutique. Par exemple, pour un site qui inclurait potentiellement plusieurs dizaines de façons de fabriquer, qui correspondrait à des milliers de références de produits finis…si on se lance dans la mise en œuvre d’un MES sans travail préalable de généricité, les équipes vont commencer à décrire autant de recettes qu’il y a de façons de produire au démarrage du projet. En revanche, si on prend le temps d’analyser les productions, de chercher des axes de standardisation sur des blocs fonctionnels communs et des organisations génériques des Master Data associées, on diminuera grandement l’effort de mise en œuvre. En effet, on aura une diminution drastique du nombre de procédures de recettes à créer et des blocs fonctionnels les constituant. L’application MES sera alors optimisée pour l’exécution des OFs mais aussi pour la mise en place des évolutions et de sa maintenance. La création des nouvelles recettes, qu’on appelle souvent les Master Batch Recipes, sera aussi simplifiée et mois coûteuse.
Le MES est donc un outil d’accélération de l’excellence opérationnelle mais pour cela il faut utiliser au mieux sa capacité à modéliser avec un objectif de réutilisation des différents objets (blocs de recettes, classes d’équipements, interfaces standardisés).
« Qu’est-ce que ce critère apporte concrètement à l’industriel ? »
Avec la généricité des processus, on contribue à l’excellence opérationnelle en harmonisant les pratiques et la maîtrise des données de production à prendre en compte par le MES. Les équipes métier bénéficieront d’une analyse en profondeur de leur process pour gagner en efficacité. C’est en effet la meilleure approche pour permettre à un industriel de normaliser sa production et de partager les savoir-faire entre les équipes autour d’une générisation de leurs modèles de production pour n’en garder que les meilleurs.
Un autre apport non négligeable et la diminution du coût de maintenance et d’évolution du MES du fait notamment de la généricité des objets réutilisables sur de nombreux process de production.
Autres précisions ?
La généricité est aussi intéressante pour l’accompagnement au changement d’un projet MES. En effet, impliquer une partie des équipes métier dans l’analyse de leur production et de sa possible digitalisation permet de créer une dynamique différente et contribue à faire émerger une nouvelle perspective que le reste de l’équipe accueillera plus favorablement.
La conduite du changement avec les équipes opérationnelles démarre donc avec ce travail sur la généricité des processus.
Témoignage d’HASSAN ABATOUY – ERAS INGÉnierie
Pour le 4ème volet de notre série : « Logiciel MES, quels sont les principaux critères de choix ? », nous recueillons aujourd’hui le témoignage d’Hassan Abatouy.
Hassan Abatouy est responsable du développement commercial – Industrie 4.0 au sein d’ERAS Ingénierie, Groupe Equans, depuis plus de 20 ans.
Grâce à une connaissance pointue du métier de l’ingénierie et de l’informatique industrielle (MES/MOM, ERP – PI – IT – Cybersécurité, INFRA, SI, IOT…), il met ses compétences de ce domaine d’activité au service des industriels en les familiarisant avec les outils numériques et en les accompagnant dans leur transformation digitale.
« Selon vous, quel est le principal critère à prendre en compte dans le choix d’une solution MES ? »
A mon avis, il existe de nombreux critères pour le choix d’une solution MES. Cependant le design, orienté tendance restera l’un des principaux critères.
« En quoi ce critère est essentiel pour vous ? »
Il y a de nombreux produits MES qui rivalisent d’imagination pour attirer l’attention des clients. Ce qui les distingue, c’est un bon design.
C’est quoi un bon design ? C’est comme la première poignée de mains avec votre futur client. Le design des interfaces doit pouvoir faire rêver.
C’est la première impression qu’on aperçoit. Dans l’imaginaire des clients, il faut savoir que cela apporte un petit supplément d’âme aux objets, aux tableaux, à l’ergonomie des écrans…qui sont vus quotidiennement par les opérateurs.
Mais le design, c’est bien plus qu’une empreinte esthétique laissée par les applications créées. Le design est un processus intellectuel, créatif et humaniste dont le but est avant tout de traiter et d’apporter des solutions aux problématiques de tous les jours et qui sont liées aux enjeux économiques d’un industriel.
« Dans votre expérience de mise en place de solutions MES, comment avez-vous pu vérifier ce critère ? »
Lors de la mise en place chez nos partenaires, quand on parle de digitalisation et de vitrine 4.0, les clients attendent des produits et des interfaces qui font rêver. Cependant la première impression démontre certains écrans avec des interfaces plus rétros. Nous pouvons voir que lors des phases de démonstration MES avec des fonctions CODIR, Top Management et décisionnaires, le design des interfaces est très important. C’est la première impression que les clients aperçoivent et retiennent parmi les critères principaux lors du choix de la solution MES.
« Qu’est-ce que ce critère apporte concrètement à l’industriel ? »
Concrètement, le design participe à la guidance opérateur. Pour l’utilisateur, c’est quand même plus agréable, plus confort de travailler avec un écran séduisant. Cela facilite également le recrutement des jeunes qui sont habitués à des interfaces plus conviviales. Par exemple les smartphones, les nouvelles technologies orientées digitalisation.
Le design est en quelque sorte une méthodologie de résolution de problèmes qui permet de piloter par l’innovation, de développer la réussite de l’entreprise.
Le design permet de regarder le futur de façon optimiste en transformant les problématiques en opportunités.
Autres précisions ?
D’une manière générale, le design est considéré comme un facteur déterminant dans le processus d’innovation.
On peut imaginer que les entreprises qui utilisent le design sont plus compétitives que celles qui ne l’utilisent pas.